mardi 16 mars 2010

Un Prophète

C’est une immersion dans le monde carcéral que l’on vous propose ce matin dans Microfilm avec « Un Prophète », long-métrage français qui a raflé pas moins de 9 César ainsi que le Grand Prix du jury du festival de Cannes.

L’action se déroule de nos jours, dans une prison française. Le jeune Malik est incarcéré, il ne connaît personne et se retrouve assez vite exposé aux chamailleries des autres détenus. Un jour, on lui rackette ses chaussures sous les yeux d’une bande de malfrats corses.

Ceux-ci ne tarderont pas à s’approcher de Malik pour lui proposer leur protection… Mais évidemment tout se paie. Le chef de la bande, un homme d’une soixantaine d’années du nom de César, lui demande d’assassiner un autre détenu. Ce dernier est en transfert pour témoigner dans un procès dans lequel César est impliqué. Très vite, Malik comprend qu’il n’a pas le choix. Soit il tue l’autre détenu et bénéficie de la protection des Corses, soit il refuse et c’est lui qu’on risque d’assassiner.

Sous pression, Malik finit par céder et tue l’autre détenu avec une lame de rasoir, faisant croire à un suicide. Choqué mais sain et sauf, Malik est désormais lié aux Corses.

D’abord considéré comme le larbin, Malik ne comprend pas lorsque les hommes parlent corse. Mais petit à petit il s’instruit, décide d’apprendre à lire et à écrire. Quelques années plus tard, il comprend tout ce que les Corses se disent.

Lorsqu’on lui offre la possibilité de sortir en permission, César en profite pour lui confier des missions diverses. Il doit tantôt livrer une valise, tantôt négocier avec des malfrats, etc.

Mais Malik ne s’en tient pas uniquement aux ordres de César. Malin et rusé, il en profite pour développer discrètement son propre réseau…

Au fur et à mesure, Malik, incarcéré à la base pour simple violence, devient, au sein même de l’univers carcéral, un véritable meurtrier et un gangster invétéré...



Les acteurs sont absolument fabuleux. Si l’interprète de Malik – un parfait inconnu – a obtenu le César du Meilleur Acteur et celui du Meilleur espoir masculin, ce n’est pas pour rien. Son personnage est complexe et sa transformation l’est tout autant. L’acteur a su rendre ce personnage presque innocent au début du film et le transformer au fil du temps en véritable gangster. Si l’on a presque envie de s’attacher au personnage dans les premières minutes, plus le temps passe, plus on perd tout espoir de le voir basculer du bon côté.

Autre prestation époustouflante, celle de Niels Arestrup, interprète de César le Corse qui n’est pas en reste avec les récompenses puisqu’il a obtenu celle du Meilleur second rôle. Son personnage est passionnant. Terriblement autoritaire, on ne le défierait pour rien au monde. Mais parfois, il laisse entrevoir une brèche d’humanité qui le rend presque sympathique. Un charisme extraordinaire, vraiment !

Pour le reste, même si ce long-métrage a été encensé par la presse et qu’il a obtenu le César du Meilleur Film, il ne m’a pas réellement touchée.

Déjà on a parfois du mal à comprendre les dialogues. Les Français ont toujours tendance à marmonner dans leur barbe sans articuler, ce qui me frappe presque à chaque fois. Mais en plus, ici, on n’est pas dans une université bourgeoise. On est en prison. Du coup le langage n’est pas du tout le même que le nôtre donc il y a certaines phrases qu’on a vraiment du mal à comprendre.

Et puis 2h30 de magouilles et de trafics carcéraux, c’est long. Ces gars sont des vauriens, ils n’ont rien d’exemplaire et même s’il est intéressant de voir comment ça se passe dans les prisons françaises, toutes ces affaires de deal, d’argent sale et de drogue deviennent lassantes à force. D’autant plus qu’on ne nous montre pas un gars qui s’en sort avec bravoure et courage. Non, on nous montre un gars qui plonge.

Finalement, le scénario ne m’a pas emballée même s’il faut reconnaître que la mise en scène est bonne et que le tout est bien filmé, de manière nerveuse et dynamique.

La conclusion, c’est Fun Vidéo, votre spécialiste à Courrendlin qui vous la donne et qui vous dit ce qui suit :

UN PROPHETE a raflé 9 CESARS lors de la cérémonie du 27 février 2010, de plus il a été nominé aux OSCARS dans la catégorie meilleur film étranger.
Le réalisateur génial Jacques AUDIARD arrive pendant 2 heures trente à réussir, via un seul film, a parler du noir lumineux, du fantastique anxiogène, du thriller paranoïaque, du drame et du miroir social.
Le maître AUDIARD réussit avec brio ce qu'il entreprend, là où bien des réalisateurs ce seraient cassé les doigts. Il a un regard très humain sur les sujets qu'il filme.
UN PROPHETE est un thriller mafieux avec comme acteur la révélation TAHAR RAHIM qui rappelle en quelques sortes la force et la justesse d'un Vincent CASSEL aidé par un NIELS ARESTRUP complètement transformé par son interprétation.
En conclusion : UN PROPHETE est un chef-d’œuvre qui restera gravé dans les mémoires. Les acteurs sont tous exceptionnels et donnent un grand réalisme à ce voyage dans l'enfer carcéral.
C'est violent, triste, drôle, émouvant, flippant.....Tout ce que le cinéma a de meilleur en un seul film.

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