Le film qu’on vous présente aujourd’hui dans Microfilm est pour le moins surprenant. Entièrement tourné en noir et blanc, ce long-métrage sort des sentiers battus pour nous entraîner dans quatre histoires différentes, toutes subtilement liées les unes aux autres.« J’ai toujours rêvé d’être un gangster », c’est quatre scénarios qui mettent en scène des gangsters au grand cœur, un peu maladroit qui, finalement, laissent tomber, n’ayant pas les épaules assez larges pour aller jusqu’au bout.
La première histoire est celle d’un type qui envisage de cambrioler une cafétéria en faisant mine d’être armé. Malheureusement pour lui, son plan ne fonctionnera pas du tout comme prévu, la cafétéria est vide, la serveuse ne daigne même pas le regarder et quand enfin elle se retourne, il commence à discuter avec elle et finit par renoncer à son délit.
Vient ensuite le second épisode dans lequel une jeune ado, fille d’un riche monsieur, tente par tous les moyens de mettre fin à ses jours, sans succès. Deux types en chemise à carreaux la kidnappent et demandent une rançon au père de la jeune fille en lui donnant rendez-vous le soir, sur le parking de la cafétéria. Mais l’opération s’avère bien plus compliquée que prévu avec cette gamine qui continue à vouloir se donner le tour. Finalement, les deux ravisseurs vont se montrer être de gentils gaillards un peu paumés qui ont simplement besoin d’argent.
Episode n° 3. Des musiciens débarquent sur le parking de notre désormais célèbre cafétéria. Deux d’entre eux, qui n’étaient pas dans le même autocar, se retrouvent aux urinoirs, visiblement des connaissances qui ne se seraient plus vues depuis longtemps. L’un est vêtu d’un beau costume, le second de cuir. Après une petite hésitation, ils prennent un café à une table ensemble. Ils vont alors commencer à se faire mollement quelques reproches sur des faits qui remontent à bien longtemps. Chacun y va de sa petite critique mais malgré cette petite altercation, les deux hommes continuent à discuter calmement. Lorsque que l’un d’entre eux s’en retourne aux toilettes, le second appelle ses gars qui boivent au bar et tous s’en vont, sans dire au revoir. L’homme au costar revient alors des toilettes, se rassied à table tout seul… fin.
Nouvelle et dernière histoire. Cinq hommes d’une soixantaine d’années, ex malfrats, se rappellent des souvenirs dans la cafétéria. A l’époque, cette cafétéria c’était leur planque, une petite cabane dans la forêt. Pas d’autoroute, pas de restaurant. Juste une planque dans laquelle ils se réfugiaient après avoir braqué quelque commerce. Plus ils pensent à leurs exploits du passé, plus l’envie les prend de perpétrer un nouveau braquage… Mais plusieurs éléments banals les en empêcheront, les forçant à renoncer.
Les personnages de ces 4 histoires sont nombreux, on ne va donc pas tous vous les présenter ce matin.
Pourtant, on peut néanmoins leur trouver un point commun, c’est qu’ils sont profondément humains et, dans le fond, plutôt sympathiques. Ils sont pourtant des bandits mais des bandits ratés, maladroits, drôles et attachants grâce à qui on passe un très agréable moment !
Lorsque l’on démarre le film, tout semble très sérieux. Le noir-blanc de l’image nous fait penser que l’on va regarder quelque chose de grave mais il n’en est rien. Le ton est donné dès les premières minutes lorsque le type de la première histoire nous fait une démonstration de maladresse de toute beauté. On comprend alors que l’on va passer un très bon moment en compagnie de ces personnages si tendres et humains.
Il est intéressant de découvrir ces quatre histoires différentes, toutes liées par ce même lieu. On ne s’ennuie jamais puisque les scénarios sont plutôt courts et très bien ficelés ce qui ne laisse pas le temps de décrocher. Les dialogues sont percutants et il y a toujours un événement, une parole ou un geste qui nous surprend ou nous fait rire.
L’humour qui nous est servi est plutôt décalé et noir. On plaisante sur la mort et sur le crime mais on n’en fait jamais trop, on reste toujours correct et cela fonctionne, on rit de cette gamine qui n’arrive pas à se pendre, on rit de ce braqueur qui n’a pas d’arme et on rit de ces anciens malfrats nostalgiques de leurs exploits passés.
La musique est bien trouvée et très bien adaptée au film, qu’il s’agisse de chansons connues (notamment Adriano Celentano) ou de mélodies nouvelles, la musique colle parfaitement à l’image et contribue à la réussite de l’œuvre.
Il est agréable de se faire surprendre par ce long-métrage atypique, on apprécie de sortir des habituelles narrations en bonne et due forme et surtout, on passe vraiment un bon moment de cinéma avec d’excellents acteurs et une mise en scène soignée et efficace.
La conclusion vous est donnée par Fun Vidéo, votre spécialiste à Courrendlin qui vous dit ce qui suit :
J’AI TOUJOURS REVE D'ETRE UN GANGSTER a été présenté en compétition officielle au festival de Locarno. A travers quatre chapitres on suit différents protagonistes.
A la fois drôles, maladroits, gauches, bêtes, tendres, perdus, grincheux et rêveurs, les acteurs se livrent à des face à face de dialogues calibrés qui frappent juste à chaque fois.
Vu sous cet angle, tout le monde aurait aimé être un gangster surtout qu'ici Samuel BENCHETRIT, le réalisateur, ne laisse rien au hasard.
Ni la musique oscillant entre rock'n’roll et jazz épuré, ni même l'ensemble des décors, liés aux personnages et qui donne le point commun entre les 4 histoires.
En conclusion ce film est une petite merveille, avec des clins d'oeils à Chaplin et des dialogues sublimes, des scènes qui n'ont l'air de rien et au final, à chacune d'elle se dégage une magie toute particulière. Un film déjà CULTE !!!!
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