mardi 20 mai 2008

Danse avec lui

C’est un film français que nous passons à la loupe cette semaine dans Microfilm !
Si vous aimez la nature et les chevaux, vous allez être servi ! Et si la nature et les chevaux ne vous inspirent pas, vous serez peut-être séduit par le reste de l’histoire de « Danse avec lui ». Le film réunit Mathilde Seigner et Sami Frey dans un genre plutôt dramatique. L’humour et la joie de vivre sont inscrits aux abonnés absents dans cette histoire. Le film est réalisé en deux parties distinctes qui auraient presque pu donner naissance à deux films différents.
Alexandra, la quarantaine, est une passionnée de chevaux. Elle vit avec Paul qui, hélas, la trompe depuis deux ans et dont la maîtresse est enceinte… Lorsqu’Alexandra apprend la nouvelle, la rupture est inévitable.
Mal concentrée et stressée par ce chamboulement, Alexandra est victime d’un grave accident de cheval qui lui vaudra des mois d’hôpital.
Trois ans plus tard, elle tente de se reconstruire mais il est évident que ça ne va pas fort.
Arrive le jour où elle tombe en panne d’essence, au milieu de la nuit… Un jeune homme en chemise à carreaux la remorque jusqu’à une grande bâtisse où elle passera la nuit.
Au réveil, elle découvre le décor : des écuries, des prés, une place d’exercice pour les chevaux… Mais il n’y a personne.
Elle fait alors la rencontre d’un homme, anciennement maître d’équitation qui semble être plein de sagesse et de beaux discours.
Alexandra revient plusieurs fois voir le vieil homme et peu à peu, elle reprend confiance en elle et décide de se remettre en selle.
Commence alors la deuxième partie du film. Le fils du maître d’équitation ramène un cheval d’Espagne. Ingérable et agressif, il est pourtant splendide et attire immédiatement l’attention d’Alex. Avec l’aide du maître d’équitation, elle va essayer de redonner confiance au cheval mettant à rude épreuve sa patience et son assurance récemment retrouvée.

Du côté des personnages, ils sont peu nombreux mais suffisent largement à l’histoire.
Alexandra, tantôt grincheuse, tantôt malheureuse et rarement souriante, elle est au cœur de l’histoire. Interprétée par Mathilde Seigner, on ressent tout de suite son mal-être. Au point d’en être, à la longue, un peu agacé, voire déprimé…

Le maître d’équitation n’est pas très expressif, il se cache derrière ses nombreux discours philosophiques et ne montre pas ses émotions. On ne sait pas réellement comment il se positionne vis-à-vis de son élève… Sentiment paternel, amical ou amoureux ? Difficile à dire…

Quant au fils, on ne le voit pas beaucoup mais on devine une grande gentillesse sous les carreaux de sa chemise. Autrefois cascadeur à cheval, sa carrière aujourd’hui consiste à débouler en bas d’escaliers, ce qu’il vit plutôt mal. Il recherche sans doute une nouvelle vie, un nouveau souffle, quelque chose qui le rende heureux, et surtout, revenir à l’équitation.



Il est évident que les amateurs de chevaux seront ravis par cette histoire et par le magnifique étalon dont il est question dans la deuxième partie de l’histoire. De nombreuses scènes de dressage et d’entraînement se succèdent, au son de la voix du maître d’équitation qui égrène ses sages conseils à notre cavalière. Piaffé, Pas espagnol, galop et autres allures sont joliment filmées, au son d’une musique discrète et mélancolique.

Il est important de préciser que cette histoire est un véritable drame et qu’il faut quand même s’accrocher pour ne pas déprimer avec les acteurs.

Le film dure presque deux heures et il aurait peut-être été plus dynamique s’il comportait moins de scènes « vides », sans dialogue et sans importance fondamentale pour la compréhension de l’histoire.

On aurait également apprécié un petit effort supplémentaire concernant la musique qui est finalement peu présente. Il faut bien dire que les nombreuses scènes sans musique sonnent un peu creux.

Au final, il s’agit en quelques sortes d’une version française du magnifique film américain « L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux ».
Malheureusement les images sont nettement moins belles, les paysages incomparables, la lumière et l’éclairage moins soignés, les dialogues plus mous…

En conclusion, le fond de l’histoire est bon, les acteurs aussi mais le côté dramatique du film est vraiment très présent. On se rabat donc sur les belles scènes de dressage et d’entraînement des chevaux qui sont, admettons-le, très bien réalisées. Le maître d’équitation dirige le cheval et sa cavalière à la manière d’un chef d’orchestre, ce qui apporte un côté très esthétique aux scènes d’équitation.

Si vous aimez les chevaux, ou si vous aimez les histoires dramatiques, ce film saura vous conquérir et les quelques points faibles dont on a parlé tout à l’heure seront bien vite effacés par la grâce et l’élégance des chevaux !

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